Cerfvolistes d'ici
dernière mise a jour 3 octobre 2007
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Lucien Gibeault Né
à Valleyfield le 3 juillet 1922, Lucien Gibeault est sans aucun doute le doyen des
cerfvolistes du Québec. Photographe de profession, il découvre le cerf-volant vers la
fin des années '50. Lors d'une visite à la quincaillerie du quartier, il aperçoit un
étalage de cerf-volants. Il en trouve un qui n'est pas endommagé et l'achète pour son
fils. Le marchand lui offre tout le lot gratuitement parce qu'ils sont endommagés et
qu'il veut s'en débarrasser. Lucien les rafistoles et s'amuse autant que son garçon. Il
utilise une piste d'aviation désafectée et envoi un cerf-volant à près de 7 000 pieds
dans les airs, il voulait être au dessus des nuages
Pour ramener la corde, il le
fait en voiture en allant et revenant sur la piste d'aviation ! |
Un peu plus tard il décide de s'en fabriquer un en tissu. Il se présente dans un
magasin de "coupon" et achète un beau tissu fleuri. Sa conjointe Marie-Ange
s'offusque, elle n'a jamais acheté de matériel de cette qualité pour se confectionner
une robe ! Il trace son patron, un delta de 4 pieds et son épouse l'assemble. Ce fut le
premier et le dernier qu'elle cousu.
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Lucien apprend tous les rudiments de la couture et la machine n'a plus de
secret pour lui. Il en fabrique plusieurs de plus en plus gros et découvre la force de
traction que ses appareils peuvent exercer. Au début il s'isole car il passe pour un
"dérangé". Il faut dire qu'à cette époque il était à peu près le seul
adulte à se passionner pour ce "jouet d'enfants". Quelque temps après il
s'abonne à des revues américaines et devient membre de l'AKA. C'est à cette époque
qu'il acquiert du nylon qu'il paie au poids ! Il enteprend la fabrication de
"L'ALBATROS", son premier très grand cerf-volant.Cet appareil devient
rapidement sa marque de commerce et lui fait gagner des prix lors de festivals. Il s'amuse
à lever des bicyclettes et même des personnes. Il fait la connaissance de Domina Jalbert
et a plusieurs échanges avec cet autre passionné. |
C'est en 1979 que le président de l'American Kiteflyers Association (AKA) de l'époque
l'invite à participer à son premier festival en tant que cerfvoliste à Manassas en
Virginie. Il revient avec trois prix en poche ! Cet événement est une révélation pour
lui, il n'est plus seul à se passionner pour ces machines volantes, désormais il n'y a
plus de frontières. Dès lors, il fait la connaissance d'autres cerfvolistes et sa
passion se confirme.
| Il découvre qu'il peut allier la photographie avec le cerf-volant. C'est
à ce moment qu'il se met à expérimenter la photographie par cerf-volant et fabrique des
supports pour sa caméra. Au début, c'est une photo à la fois et il doit redescendre
l'appareil à chaque prise de vue. Par la suite, il fabrique des appareils plus
sophistiqués munis de servo-moteurs radio-guidés. Il devient membre de la KAPA (Kite
Aerial Photography Association). |
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En 1983 à Long Beach (Washington), Lucien est témoins d'un drame lors
d'un festival. Il assiste avec plusieurs personnes à la mort d'un cerfvoliste. Steve
Edeiken, de Venice, Californie a 30 ans. Il s'affaire à délimiter un périmètre de
sécurité autour d'un parafoil géant qui est à ce moment le plus gros cerf-volant au
monde. Un coup de vent fait monter l'appareil et une corde s'enroule autour du pied de
Steve. Il est littéralement hissé par le cerf-volant, il se débat pour se libérer et
il fait une chute fatale sous les regards ahuris de la foule. Lucien se souvient toujours
de cet épisode et même s'il aime beaucoup manipuler de grosses pièces il porte une
attention particulière à l'aspect sécurité. |
Il est le premier québécois à être invité à un festival en Europe, celui de
Dieppe en 1988. D'ailleurs dans l'édition de septembre 1989 du Sélection du Reader's
Digest on peut voir M. Gibeault sur une photographie prise lors de ce festival. Au
Québec, il est présent à tous les événements cerfvolistiques majeurs. Près de 200 de
ses cerfs-volants ont été exposés au Complexe Desjardins à Montréal afin de
promouvoir la seconde édition du Rendez-vous mondial du cerf-volant de Verdun en 1994.
| Combien M. Gibeault a-t-il fabriqué de cerf-volants et combien en
possède-t-il ? À cela il répond qu'il ne le sait pas et qu'il ne les a jamais compté !
Une chose est certaine, pour ceux qui ont eu la chance d'aller le rencontrer chez lui, ils
ont pu constater qu'il y en a partout ! Dans son salon se sont des pièces de collection,
des cerfs-volants qui ont été fabriqués en Thaïlande, à Singapour et en Indonésie.
Dans son couloir, se sont des photos et des plaques honorifiques qu'il a reçu au fil des
années. Il a une chambre remplie de cerf-volants qui lui ont été donné, ainsi que des
souvenirs de participations à différents festivals. C'est au sous-sol de sa maison que
Lucien travaille à ses créations. Lorsque l'on pénètre dans son antre, nous sommes
littéralement ébahi devant la multitude de cerfs-volants qu'il peut y avoir. Mais ce
n'est pas tout, la quantité de matériel de fabrication qu'il a accumulé au fil des ans
est époustouflante. Tissus, plastiques, baguettes, assez pour ouvrir une boutique ! |
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Des annecdotes, M. Gibeault nous en a raconté plusieurs. Entres autres,
lors d'un festival à Ottawa, on le cherchait pour lui remettre la médaille du "Best
of all" lors des cérémonies protocolaires de fermeture du festival. Où se
trouvait-il ? Il faisait encore voler ses appareils avec des enfants ! Il y a aussi la
fois où un jeune malfaisant a voulu l'intimider en se "décrottant" les ongles
avec un couteau. Mal lui en pris, Lucien sortit son gros couteau de chasse et le planta
dans sa ceinture. Le jeune malapris en fut bouche bée et repartit pour ne jamais plus
venir l'importuné. |
| Il est taquin et aime bien faire des farces. Un jour, il fabrique un
conyne de 18 " avec 40 billets de 100 $ (il me le dit en chuchotant pour ne pas que
Marie-Ange l'entende !) Il va le faire voler. Quand il est assez haut, il demande à une
personne sur les lieux si elle est intéressée à lui donner 20 $ pour son cerf-volant de
papier. Comme il s'y attendait la réponse fût négative. C'est alors qu'il redescendit
l'appareil et le montra à la personne qui regretta ne pas avoir payé 20 $ pour un jouet
qui en valait beaucoup plus ! Une autre fois il attache un billet de 10 $ après la queue
d'un petit cerf-volant qu'il maintient presque à portée de main des passants
Lucien
Gibeault n'est pas avare de conseils, il lui fait toujours plaisir de partager ses
expériences. C'est un homme passionné qui communique son art et son amour pour les
cerfs-volants. Il a influencé plusieurs cerfvolistes de la nouvelle génération. En
1998, afin de reconnaître sa contribution au développement du cerfvolisme au Québec, la
Fédération québécoise du cerf-volant l'a nommé membre honoraire à vie. Malgré des
problèmes de vision et ses 75 ans passé il est encore actif. Il fabrique toujours des
appareils et sort autant qu'il le peut pour faire voler ses créations et partager son
enthousiasme et sa passion avec son entourage. Note: M. Lucien Gibeault est décédé le 25 mars 2004 à l'âge de 81 ans. |
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Prix reçus
1979 AKA National Festival - Manassas : 1ère place Members choice pour L'albatros
AKA National Festival - Manassas : 2ème place Members choice pour Delta 20 pieds
AKA National Festival - Manassas : Best individual choice
1980 AKA National Festival - Houston, Texas : 3ième place Comprehensive AKA
1983 AKA Special
1985 Toronto Humber Bay Kite Festival : Grand prix
1986 AKA Black Ships Festival, New-Port : 2ième place Delta kite
AKA Black Ships Festival, New-Port : 3ième place Box kite
1987 AKA Black Ships Festival, NewPort : Mention honorable pour "Beauty"
AKA Black Ships Festival, NewPort : 2ième place Best of Show : "Beauty"
AKA Black Ships Festival, NewPort : 3ième place Best of Show : mention honorable
1987 AKA Convention Washington : 2ième place : "Beauty"
1988 Touch the Sky, Ottawa : Best over all
1991 Ottawa Kite Festival : Best of show for Innovation avec un FlowForm panoramique
1998 FQCV : Membre honoraire à vie pour sa contribution au développement
du cerfvolisme au Québec
Ce texte a été rédigé par François Riou à partir d'une entrevue
faite avec Lucien Gibeault au mois d'avril 1999.
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